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mardi 2 novembre 2010

Vous devez vous calmer! Henri Viaud-Murat


Il n’est jamais bon de faire les choses avec précipitation. Pourtant, c’est justement quand nous ne devrions pas nous précipiter que nous faisons les choses avec précipitation, avec toutes les conséquences négatives que nous devons ensuite supporter. Le Seigneur veut nous apprendre à garder notre calme en toutes circonstances, et surtout dans les circonstances difficiles!

Au chapitre 19 des Actes des Apôtres, nous pouvons lire le récit du grand trouble qui s’est emparé, dans la ville d’Ephèse, de la corporation des orfèvres, dont la lucrative industrie était menacée par le ministère de l’apôtre Paul. 

Le chef de ces orfèvres, Démétrius, ameuta la foule contre Paul et ses amis. Cette foule surexcitée envahit le théâtre public. Paul voulait se présenter devant le peuple, mais ses amis l’en empêchèrent. Finalement, le secrétaire de la ville réussit à calmer les protestataires, et à les convaincre par des arguments fort censés. Voici ce qu’il leur dit:
“Hommes Ephésiens, quel est celui qui ignore que la ville d’Ephèse est la gardienne du temple de la grande Diane et de son simulacre tombé du ciel? Cela étant incontestable, vous devez vous calmer, et ne rien faire avec précipitation. Car vous avez amené ces hommes, qui ne sont coupables ni de sacrilège, ni de blasphème envers notre déesse. Si donc Démétrius et ses ouvriers ont à se plaindre de quelqu’un, il y a des jours d’audience et des proconsuls; qu’ils s’appellent en justice les uns les autres. Et si vous avez en vue d’autres objets, ils se régleront dans une assemblée légale. Nous risquons, en effet, d’être accusés de sédition pour ce qui s’est passé aujourd’hui, puisqu’il n’existe aucun motif qui nous permette de justifier cet attroupement” (Actes 19: 35-40).

Ce secrétaire, qui n’était sans doute pas Chrétien, mais qui était rempli de sagesse, met ces Ephésiens surexcités devant un certain nombre de vérités incontestables, qui devaient être de nature à les calmer:
  • Qui ignore que la ville d’Ephèse était la gardienne du temple de Diane, et de sa statue tombée du ciel?
  • Ces hommes, objectivement, ne sont coupables ni de sacrilège ni de blasphème envers la déesse.
  • Il y a des jours d’audience et des magistrats: réglez votre problème devant une assemblée légale.
  • Nous risquons d’être accusés de sédition, puisque cet attroupement n’est pas justifié.
Ces “choses incontestables” calmèrent la foule, et le secrétaire put congédier l’assemblée.
Si des païens, qui ne connaissent pas le vrai Dieu, peuvent se calmer, à l’examen de certaines vérités incontestables pour eux, à combien plus forte raison des Chrétiens qui connaissent leur Dieu devraient pouvoir se calmer, à l’examen des vérités incontestables de Sa Parole!
Il y a dans le passage ci-dessus un enseignement biblique très important à retirer pour tous les Chrétiens. En effet, si tous les Chrétiens, dans les tempêtes de leur vie, gardaient à l’esprit toutes les vérités incontestables que le Seigneur leur a révélées dans Sa Parole, ils se calmeraient, et ne feraient rien avec précipitation!

“Ceux qui étaient descendus sur la mer dans des navires, et qui travaillaient sur les grandes eaux, ceux-là virent les oeuvres de l’Eternel et ses merveilles au milieu de l’abîme. Il dit, et il fit souffler la tempête, qui souleva les flots de la mer. Ils montaient vers les cieux, ils descendaient dans l’abîme; leur âme était éperdue en face du danger; saisis de vertige, ils chancelaient comme un homme ivre, et toute leur habileté était anéantie. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Eternel, et il les délivra de leurs angoisses; il arrêta la tempête, ramena le calme, et les ondes se turent. Ils se réjouirent de ce qu’elles s’étaient apaisées, et l’Eternel les conduisit au port désiré. Qu’ils louent l’Eternel pour sa bonté, et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme!” (Psaume 107: 23-31).

Bien-aimés, nous avons besoin de voir les oeuvres de l’Eternel! Et c’est dans la tempête déchaînée que nous pouvons les voir!
Ceux qui étaient “descendus sur la mer dans des navires” sont l’image de ceux qui s’engagent dans la vie pour s’occuper de leurs affaires et de leurs trafics, mais sans s’intéresser à la volonté de Dieu. Ils se confiaient dans leur habileté, certains que tout se passerait bien, comme d’habitude.

“Un léger vent du sud vint à souffler, et, se croyant maîtres de leur dessein, ils levèrent l’ancre et côtoyèrent de près l’île de Crète. Mais bientôt un vent impétueux, qu’on appelle Euraquilon, se déchaîna sur l’île. Le navire fut entraîné, sans pouvoir lutter contre le vent, et nous nous laissâmes aller à la dérive” (Actes 27: 13-15).
Mais le Seigneur voulait montrer à ces hommes vaniteux qui était réellement le Maître! C’est l’Eternel Lui-même qui fait souffler les tempêtes, afin que nous puissions comprendre qu’Il est aussi le seul à pouvoir les calmer, si nous Lui faisons confiance!

Ceux qui étaient dans la détresse crièrent à l’Eternel! Combien de fois nous faut-il attendre d’être dans la détresse pour crier à l’Eternel?
Si le Seigneur fait souffler la tempête dans notre vie, c’est, le plus souvent, pour deux raisons principales:
  • Soit pour éprouver notre foi en Lui, et voir ce qui se trouve vraiment au fond de notre coeur. En fait, le Seigneur le voit très bien, mais c’est nous qui avons besoin de savoir ce qui se trouve réellement au fond de notre coeur. Et c’est dans l’épreuve que nous le voyons, et non pas lorsque tout va bien!
  • Soit pour nous laisser subir les conséquences de notre désobéissance, jusqu’à ce que nous nous repentions.
Jonas en est un exemple célèbre! Chargé par le Seigneur d’aller appeler les Ninivites à la repentance, sous peine de destruction, Jonas refuse d’obéir, et s’embarque pour s’enfuir à Tarsis, c’est-à-dire exactement à l’opposé de Ninive! Mais qui peut échapper à la vigilance de l’Eternel?
Dieu fit souffler une grande tempête, et tous ceux qui étaient sur ce navire furent épouvantés devant leur fin proche.
“Le pilote s’approcha de lui, et lui dit: Pourquoi dors-tu? Lève-toi, invoque ton Dieu! peut-être voudra-t-il penser à nous, et nous ne périrons pas. Et ils se dirent l’un à l’autre: Venez, et tirons au sort, pour savoir qui nous attire ce malheur. Ils tirèrent au sort, et le sort tomba sur Jonas. Alors ils lui dirent: Dis-nous qui nous attire ce malheur. Quelles sont tes affaires, et d’où viens-tu? Quel est ton pays, et de quel peuple es-tu? Il leur répondit: Je suis Hébreu, et je crains l’Eternel, le Dieu des cieux, qui a fait la mer et la terre. Ces hommes eurent une grande frayeur, et ils lui dirent: Pourquoi as-tu fait cela? Car ces hommes savaient qu’il fuyait loin de la face de l’Eternel, parce qu’il le leur avait déclaré. Ils lui dirent: Que te ferons-nous, pour que la mer se calme envers nous? Car la mer était de plus en plus orageuse. Il leur répondit: Prenez-moi, et jetez-moi dans la mer, et la mer se calmera envers vous; car je sais que c’est moi qui attire sur vous cette grande tempête. Ces hommes ramaient pour gagner la terre, mais ils ne le purent, parce que la mer s’agitait toujours plus contre eux. Alors ils invoquèrent l’Eternel, et dirent: O Eternel, ne nous fais pas périr à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas du sang innocent! Car toi, Eternel, tu fais ce que tu veux. Puis ils prirent Jonas, et le jetèrent dans la mer. Et la fureur de la mer s’apaisa. Ces hommes furent saisis d’une grande crainte de l’Eternel, et ils offrirent un sacrifice à l’Eternel, et firent des voeux” (Jonas 1: 6-16).

La désobéissance de Jonas n’avait pas de conséquences négatives que pour lui seul, mais aussi pour tous les passagers de ce navire, qui étaient en danger de mort, à cause de la rébellion d’un seul! Ce n’est que lorsqu’ils se débarrassèrent de Jonas, en le jetant à la mer, que la fureur de Dieu s’apaisa, et que la tempête se calma.
Les épreuves de Jonas n’étaient pas terminées, nous le savons. Ce n’est que lorsqu’il se repentit profondément, dans le ventre du grand poisson qui l’avait avalé, que Dieu parla au poisson, qui recracha Jonas sur une plage. Et là, il fut enfin prêt à obéir à Dieu!

Si donc c’est notre désobéissance consciente qui a attiré dans notre vie une tempête, la seule manière de calmer cette tempête est de nous repentir, et de nous remettre sur la voie de l’obéissance!
Mais, parfois, la tempête n’est pas provoquée par une désobéissance directe. C’est le Seigneur qui envoie la tempête pour tester notre foi.

“(Jésus) monta dans la barque, et ses disciples le suivirent. Et voici, il s’éleva sur la mer une si grande tempête que la barque était couverte par les flots. Et lui, il dormait. Les disciples s’étant approchés le réveillèrent, et dirent: Seigneur, sauve-nous, nous périssons! Il leur dit: Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi? Alors il se leva, menaça les vents et la mer, et il y eut un grand calme. Ces hommes furent saisis d’étonnement: Quel est celui-ci, disaient-ils, à qui obéissent même les vents et la mer?” (Matthieu 8: 23-27).
Que notre vie soit calme ou dans la tempête, Jésus est toujours dans notre barque! Les disciples voyaient bien que le Seigneur était avec eux, mais il y avait un problème: Il dormait! Il ne Se souciait pas de la gravité de la situation! Il ne Se rendait pas compte qu’ils allaient périr!

Combien de fois, devant la gravité d’une situation, nous est-il arrivé de penser aussi que le Seigneur “dormait,” et qu’Il ne semblait pas Se rendre compte de la gravité de notre situation! Mais regardez ce que le Seigneur répond à Ses disciples apeurés:
“Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi?”
La peur, c’est croire qu’il va nous arriver un malheur! Nous ferions mieux de croire qu’avec Jésus, nous sommes tranquilles, puisqu’Il est toujours dans notre barque!

N’a-t-Il pas dit à Ses disciples, avant d’aller à la croix:
“Que votre coeur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi” (Jean 14: 1).
“Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous donne pas comme le monde donne. Que votre coeur ne se trouble point, et ne s’alarme point” (Jean 14: 23).
“Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde” (Jean 16: 33).
Et, avant de repartir au Ciel, Jésus leur dit encore:
“Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde” (Matthieu 28: 20).

Avec de telles promesses, bien-aimés, pourquoi ne pas garder notre calme, au milieu des plus violentes tempêtes? N’est-ce pas par incrédulité? N’est-ce pas parce que, nous aussi, nous sommes aveugles à l’amour du Seigneur pour nous, à Sa toute-puissance, et au fait que, si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?
Les promesses de Dieu sont des vérités incontestables qui, si nous nous appuyons sur elles, nous permettent de nous calmer, et de ne rien faire avec précipitation!

Même si nous sommes dans le calme et la paix du coeur, nous ne pourrons pas éviter d’être ballotté par la tempête, et même d’en souffrir. Mais nous ne paniquerons jamais, comme si le Seigneur nous avait abandonnés.

Suivons l’exemple de David, qui pouvait dire:
“Eternel! Je n’ai ni un coeur qui s’enfle, ni des regards hautains; je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère; j’ai l’âme comme un enfant sevré. Israël, mets ton espoir en l’Eternel, dès maintenant et à jamais!” (Psaume 131).

De son côté, Salomon a écrit:
“Celui qui retient ses paroles connaît la science, et celui qui a l’esprit calme est un homme intelligent” (Proverbes 17: 27).

Nous sommes spirituellement intelligents, quand nous nous appuyons sur le Seigneur et sur Sa Parole! Nous connaissons alors la science divine, et nous pouvons retenir les paroles vaines qui pourraient sortir de notre coeuir, si nous étions dans l’ignorance de la Vérité.

“Si l’esprit de celui qui domine s’élève contre toi, ne quitte point ta place; car le calme prévient de grands péchés” (Ecclésiaste 10: 4).
Quand notre coeur reste calme, parce que nous nous confions dans le Seigneur, ce calme nous empêche de commettre de grands péchés! 

Et le prophète Esaïe le répète à son tour:
“Car ainsi a parlé le Seigneur, l’Eternel, le Saint d’Israël: c’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force. Mais vous ne l’avez pas voulu! Vous avez dit: Non! nous prendrons la course à cheval! -C’est pourquoi vous fuirez à la course. -Nous monterons des coursiers légers! -C’est pourquoi ceux qui vous poursuivront seront légers. Mille fuiront à la menace d’un seul, et, à la menace de cinq, vous fuirez, jusqu’à ce que vous restiez comme un signal au sommet de la montagne, comme un étendard sur la colline. Cependant l’Eternel désire vous faire grâce, et il se lèvera pour vous faire miséricorde; car l’Eternel est un Dieu juste: heureux tous ceux qui espèrent en lui! Oui, peuple de Sion, habitant de Jérusalem, tu ne pleureras plus! Il te fera grâce, quand tu crieras; dès qu’il aura entendu, il t’exaucera. Le Seigneur vous donnera du pain dans l’angoisse, et de l’eau dans la détresse; ceux qui t’instruisent ne se cacheront plus, mais tes yeux verront ceux qui t’instruisent. Tes oreilles entendront derrière toi la voix qui dira: voici le chemin, marchez-y!” (Esaïe 30: 15-21).

Ceux qui demeurent dans la tranquillité et le repos, dans le calme et la confiance, sont justement ceux qui se confient en l’Eternel, notamment quand la tempête fait rage dans leur vie. Ils continuent à espérer en l’Eternel! Ils savent que le Seigneur leur donnera du pain dans l’angoisse, et de l’eau dans la détresse! Ils ne seront pas abandonnés dans leur angoisse et dans leur détresse, mais ils seront guidés sûrement dans le chemin du Seigneur!

L’agitation vient donc de la chair, et celle-ci ne doit pas nous contrôler, comme elle contrôle les méchants! Apprenons à prendre du recul devant la tempête, et ne cédons pas à la panique et à l’agitation de la chair! En Christ, Dieu nous en a rendus capables!

“Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est près! dit l’Eternel. Je les guérirai. Mais les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer, et dont les eaux soulèvent la vase et le limon. Il n’y a point de paix pour les méchants, dit mon Dieu” (Esaïe 57: 19-21).

Les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se calmer! Mais ceux qui se confient en l’Eternel, leur Dieu, sont dans la paix de la foi! Le Seigneur est là pour les calmer et leur donner Sa paix, qui surpasse toute connaissance!
“Jusques à quand les méchants, ô Eternel! Jusques à quand les méchants triompheront-ils? Ils discourent, ils parlent avec arrogance; tous ceux qui font le mal se glorifient. Eternel! ils écrasent ton peuple, ils oppriment ton héritage; ils égorgent la veuve et l’étranger, ils assassinent les orphelins. Et ils disent: l’Eternel ne regarde pas, le Dieu de Jacob ne fait pas attention! Prenez-y garde, hommes stupides! Insensés, quand serez-vous sages? Celui qui a planté l’oreille n’entendrait-il pas? Celui qui a formé l’oeil ne verrait-il pas? Celui qui châtie les nations ne punirait-il point, lui qui donne à l’homme l’intelligence? L’Eternel connaît les pensées de l’homme, il sait qu’elles sont vaines. Heureux l’homme que tu châties, ô Eternel! Et que tu instruis par ta loi, pour le calmer aux jours du malheur, jusqu’à ce que la fosse soit creusée pour le méchant! Car l’Eternel ne délaisse pas son peuple, il n’abandonne pas son héritage; car le jugement sera conforme à la justice, et tous ceux dont le coeur est droit l’approuveront” (Psaume 94: 3-15).

Bien-aimé, si le méchant t’opprime injustement et te plonge dans la détresse, reste en paix! L’Eternel ton Dieu le voit, et Il te fera justice en Son temps! N’oublie pas que le Seigneur est en train de t’instruire, et de te rendre inébranlable dans la foi! Il veut que tu cesses de t’appuyer sur tes misérables appuis humains ou charnels, pour mettre toute ta confiance en Dieu ton Père! Et si Dieu t’instruit, c’est pour te calmer aux jours du malheur! C’est pour que tu apprennes à rester calme devant ton Dieu, en toute circonstance!

“Celui qui craint l’Eternel possède un appui ferme, et ses enfants ont un refuge auprès de lui. La crainte de l’Eternel est une source de vie, pour détourner des pièges de la mort… Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, mais celui qui est prompt à s’emporter proclame sa folie. Un coeur calme est la vie du corps, mais l’envie est la carie des os” (Proverbes 14: 26-27, 29-30).
Nous pourrions dire aussi que celui qui est prompt à s’inquiéter et à s’agiter proclame son incrédulité, et que celui qui garde son coeur calme garde aussi son corps en vie!
Si le Seigneur nous a donné, par notre nouvelle naissance, une nouvelle nature semblable à la Sienne, c’est pour que nous sachions, avec une pleine certitude qu’Il nous a rendus capables de rester calmes en toute circonstance

Notre nouvelle nature est semblable à celle du Seigneur Jésus! Installez-vous dans cette nouvelle nature par la foi, et vous resterez calmes comme Jésus! Avez-vous déjà vu le Seigneur Jésus stresser, S’agiter et S’inquiéter? Il Se confiait toujours en Son Père, et Il restait toujours dans une parfaite paix!
La paix de notre coeur sera le signe que nous nous sommes installés dans la justice de Dieu!

“Ouvrez les portes, laissez entrer la nation juste et fidèle. A celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi. Confiez-vous en l’Eternel à perpétuité, car l’Eternel, l’Eternel est le rocher des siècles” (Esaïe 26: 2-4).
“Prenez garde, frères, que quelqu’un de vous n’ait un coeur mauvais et incrédule, au point de se détourner du Dieu vivant. Mais exhortez-vous les uns les autres chaque jour, aussi longtemps qu’on peut dire: Aujourd’hui! afin qu’aucun de vous ne s’endurcisse par la séduction du péché. Car nous sommes devenus participants de Christ, pourvu que nous retenions fermement jusqu’à la fin l’assurance que nous avions au commencement, pendant qu’il est dit: Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos coeurs, comme lors de la révolte. Qui furent, en effet, ceux qui se révoltèrent après l’avoir entendue, sinon tous ceux qui étaient sortis d’Egypte sous la conduite de Moïse? Et contre qui Dieu fut-il irrité pendant quarante ans, sinon contre ceux qui péchaient, et dont les cadavres tombèrent dans le désert? Et à qui jura-t-il qu’ils n’entreraient pas dans son repos, sinon à ceux qui avaient désobéi? Aussi voyons-nous qu’ils ne purent y entrer à cause de leur incrédulité. Craignons donc, tandis que la promesse d’entrer dans son repos subsiste encore, qu’aucun de vous ne paraisse être venu trop tard. Car cette bonne nouvelle nous a été annoncée aussi bien qu’à eux; mais la parole qui leur fut annoncée ne leur servit de rien, parce qu’elle ne trouva pas de la foi chez ceux qui l’entendirent. Pour nous qui avons cru, nous entrons dans le repos” (Hébreux 3: 12-19, 4: 1-3).

L’incrédulité est une désobéissance! Il ne s’agit pas d’une simple ignorance. Mais il s’agit du refus d’attacher notre foi à la Parole de Dieu, quand nous l’avons entendue! Et c’est ce refus de croire qui nous plonge dans l’inquiétude et l’agitation!
Mais quand nous croyons en la Parole du Seigneur, après l’avoir entendue, nous entrons dans le repos de la foi, dans le repos du Seigneur Jésus, dans le repos de Dieu!

Dieu est compatissant envers les ignorants, et envers ceux qui n’ont pas encore entendu Sa Parole. Et Il sera encore très patient envers ceux qui ont entendu Sa Parole, mais qui n’ont pas encore décidé de croire. Mais Il finira par S’irriter contre tous ceux qui persévéreront dans leur incrédulité, et qui refuseront en permanence de croire et de Lui faire confiance, comme les Hébreux dans le désert!
Bien-aimés, il vaut mieux entrer dans le repos de Dieu, en connaissant Sa Parole et en croyant en Lui, plutôt que de tenter le Seigneur et de provoquer Sa colère, par notre incrédulité persistante!

C’est pourquoi la colère de l’Eternel sera la plus vive contre tous ceux qui, en se prétendant Ses serviteurs, tordent Sa Parole, pour entraîner Son peuple dans le mensonge et l’incrédulité!
“Voici, la tempête de l’Eternel, la fureur éclate, l’orage se précipite, il fond sur la tête des méchants. La colère de l’Eternel ne se calmera pas, jusqu’à ce qu’il ait accompli, exécuté les desseins de son coeur. Vous le comprendrez dans la suite des temps. Je n’ai point envoyé ces prophètes, et ils ont couru; je ne leur ai point parlé, et ils ont prophétisé. S’ils avaient assisté à mon conseil, Ils auraient dû faire entendre mes paroles à mon peuple, et les faire revenir de leur mauvaise voie, de la méchanceté de leurs actions” (Jérémie 23: 19-22).

“Ma parole n’est-elle pas comme un feu, dit l’Eternel, et comme un marteau qui brise le roc? C’est pourquoi voici, dit l’Eternel, j’en veux aux prophètes qui se dérobent mes paroles l’un à l’autre. Voici, dit l’Eternel, j’en veux aux prophètes qui prennent leur propre parole et la donnent pour ma parole. Voici, dit l’Eternel, j’en veux à ceux qui prophétisent des songes faux, qui les racontent, et qui égarent mon peuple par leurs mensonges et par leur témérité; je ne les ai point envoyés, je ne leur ai point donné d’ordre, et ils ne sont d’aucune utilité à ce peuple, dit l’Eternel” (Jérémie 23: 29-32).

Ceux qui égarent le peuple de Dieu par leurs mensonges contribuent à le plonger dans l’agitation et à lui enlever la paix qu’il devrait avoir dans son coeur! C’est pourquoi la colère du Seigneur est d’autant plus grande contre eux. Et cette colère ne s’apaisera pas, jusqu’à ce que le Seigneur ait accompli les desseins de Son coeur! Car la seule manière de calmer la colère de l’Eternel est de nous réfugier avec confiance dans le Seigneur Jésus et dans Sa grâce!
La grâce et la Vérité sont venues par Jésus-Christ, afin que tous ceux qui se confient en Lui demeurent dans Sa paix!

“Il sortira d’Isaï un rejeton, qui se lèvera pour régner sur les nations; les nations espéreront en lui. Que le Dieu de l’espérance vous remplisse de toute joie et de toute paix dans la foi, pour que vous abondiez en espérance, par la puissance du Saint-Esprit!” (Romains 15: 12-13).
“Que le Seigneur de la paix vous donne lui-même la paix en tout temps, de toute manière! Que le Seigneur soit avec vous tous!” (2 Timothée 3: 16).

jeudi 28 octobre 2010

Le besoin incessant d'une sainteté pratique‏. John Charles Ryle

J'ai eu une profonde conviction depuis plusieurs années que la sainteté pratique et la consécration personnelle entière à Dieu ne sont pas atteintes suffisamment par les chrétiens modernes. La politique, la controverse, l'esprit de parti ou la mondanité a mangé le cœur de la piété vivante de trop d'entre nous. Le sujet de la sainteté personnelle est tombé malheureusement à l'arrière-plan. Le standard de vie est devenu péniblement bas dans plusieurs quartiers. L'immense importance "d'honorer en tout la doctrine de Dieu notre Sauveur" (Tite 2:10), et de la rendre aimable et belle par nos habitudes et notre caractère quotidien, a été beaucoup trop oublié... La saine doctrine évangélique est inutile, si elle n'est pas accompagnée par une vie sainte.
 
Il est, toutefois, de grande importance que le sujet en entier soit placé sur de justes fondations, et que le mouvement à ce sujet ne doit pas être endommagé par des phrases grossières, disproportionnées et orientées d'un seul sens. Si de telles phrases abondent, nous ne devons pas être surpris. Satan connaît bien la puissance de la véritable sainteté, et l'immense blessure qui augmente l'attention vis à vis de celle-ci va le faire au bénéfice de son royaume. C'est alors dans l'intérêt du diable de promouvoir les querelles et la controverse au sujet de cette partie de la vérité de Dieu.
 
Qu'est-ce que la sainteté ?
 
L'épître aux Hébreux dit, "Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Héb 12:14). C'est un texte qui débute notre discussion sur la sainteté pratique.
 
Il suggère une question qui demande l'attention de tous ceux qui professent être chrétiens. Sommes-nous saints ? Allons-nous voir le Seigneur ?
 
Cette question ne pourra jamais être désuète. L'homme sage nous dit, "Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux : un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter, et un temps pour arracher ce qui a été planté ; un temps pour tuer, et un temps pour guérir ; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir ; un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser ; un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres ; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements ; un temps pour chercher, et un temps pour perdre ; un temps pour garder, et un temps pour jeter ; un temps pour déchirer, et un temps pour coudre ; un temps pour se taire, et un temps pour parler." (Éc 3:1-7). Mais il n'y a aucun temps, pour un jour dans lequel une personne ne doit pas être sainte. Est-ce que nous nous efforçons de nous améliorer ?
 
Dans ce monde à la course et en agitation, arrêtons-nous pour quelques minutes et considérons le sujet de la sainteté. Je crois que j'aurais pu choisir un sujet plus populaire et plaisant. Je suis certain que j'aurais pu en trouver un plus facile à aborder. Mais je crois profondément que je n'aurais pas pu en choisir un plus opportun et plus profitable pour nos âmes. C'est une chose solennelle d'entendre la Parole de Dieu qui dit, "sans la sanctification, personne ne verra le Seigneur".
 
Laissez moi essayer de vous montrer ce que la véritable sainteté pratique est, quel genre de personnes sont ceux que Dieu appelle saints. Plusieurs peuvent se rendre loin, et toutefois ne pas atteindre la véritable sainteté. Ce n'est pas la connaissance... ni une grande profession... ni faire beaucoup de choses... ni un zèle pour une certaine forme de religion... ni la moralité et une conduite extérieure respectable... ni prendre plaisir à entendre les prédicateurs... ni rechercher la compagnie de personnes saintes. Ces choses toutes seules ne sont pas la sainteté. Une personne peut avoir n'importe laquelle de ces qualités et toutefois ne jamais voir le Seigneur.
 
Qu'est-ce donc alors que la sainteté pratique ?... La sainteté est l'habitude d'être une seule pensée avec Dieu, selon ce que nous trouvons être Ses pensées décrites dans l'Écriture. C'est l'habitude d'être d'accord avec le jugement de Dieu, haïr ce qu'Il hait, aimer ce qu'Il aime, et mesurer toutes choses dans ce monde par le standard de Sa Parole.
 
Une personne sainte va s'efforcer d'éviter tout péché connu, et de garder chaque commandement connu. Cette personne va avoir un penchant résolu vers Dieu, un désir du cœur de faire Sa volonté, une plus grande crainte de Le décevoir plutôt que de déplaire au monde, et un amour pour toutes Ses voies. Il va ressentir ce que Paul ressentait quand il a dit, "Car je prends plaisir à la loi de Dieu, selon l'homme intérieur" (Rom 7:22) et ce que David a ressenti lorsqu'il a dit, "C'est pourquoi je trouve justes toutes tes ordonnances, Je hais toute voie de mensonge" (Ps 119:118).
 
Une personne sainte va s'efforcer d'être semblable à notre Seigneur Jésus-Christ. Il ou elle ne va pas simplement vivre une vie de foi en Lui, et recevoir de Lui toute la paix et la force quotidienne, mais va aussi travailler pour avoir les pensées qui sont en Lui, et "être semblables à l'image de son Fils" (Rom 8:29). Ce sera le désir de supporter et de pardonner aux autres, comme Jésus-Christ nous a pardonné, de ne pas être égoïste, comme Jésus-Christ n'a pas cherché son propre intérêt, de marcher dans l'amour, comme Jésus-Christ s'est humilié lui-même. ... Beaucoup de temps serait sauvé, et beaucoup de péché serait prévenu, si les gens se posaient plus souvent la question à eux-mêmes, "Qu'est-ce que Jésus-Christ aurait dit et fait, s'Il avait été à ma place ?"
 
Une personne sainte va rechercher la charité et la gentillesse fraternelle. Elle va s'efforcer d'observer la règle d'or de faire, comme il aimerait que les autres fassent pour elle... Une personne sainte va s'efforcer de montrer la foi par ses comportements extérieurs, et de faire que cela soit gentil et agréable aux yeux de tous ceux qui sont autour d'elle.
 
Une personne sainte va avoir un esprit de pardon et de bienveillance envers les autres. Lui ou elle ne se tiendra pas oisif toute la journée, mais va s'efforcer d'être utile présentement pour sa génération, et de diminuer les besoins spirituels et la misère qui l'entourent.
 
Une personne sainte va rechercher la pureté de cœur. Cette personne va rejeter toute souillure ou saleté de l'esprit, et chercher à éviter toutes les choses qui peuvent l'amener à cet endroit. Cette personne va savoir que son cœur est comme une poudrière, et va prudemment le préserver des étincelles de la tentation.
 
Une personne sainte va avoir la crainte de Dieu. Je ne veux pas dire la peur d'un esclave, qui travaille seulement parce qu'il a peur de la punition, et qui serait oisif s'il ne redoutait pas d'être découvert. Je veux dire plutôt la peur d'un enfant, qui désire vivre et agir comme s'il était toujours devant son père, parce qu'il y a de l'amour entre eux.
 
Une personne sainte va rechercher l'humilité, désirant, dans l'abaissement de son esprit, estimer tous les autres au-dessus de ce qu'ils sont, de voir davantage de mal dans son propre cœur que dans n'importe quel autre dans le monde. Ils vont comprendre quelque chose du sentiment d'Abraham quand il dit, "moi qui ne suis que poudre et cendre" (Gen 18:27) et de Jacob quand il dit, "Je suis trop petit pour toutes les grâces et pour toute la fidélité dont tu as usé envers ton serviteur" (Gen 32:10).
 
Une personne sainte va rechercher la fidélité dans toutes ses tâches et relations dans sa vie. Elle va essayer, pas seulement de prendre sa place aussi bien que les autres qui ne font aucun cas de leurs âmes, mais encore mieux, parce qu'elle a des motifs plus élevés. ... Ces paroles de Paul ne doivent jamais être oubliées, "Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes" (Col 3:23). Cette personne doit s'efforcer de faire toutes choses de son mieux, et doit avoir honte de se permettre de faire quoi que ce soit de mauvais.
 
Le dernier élément, et non le moindre, une personne sainte va chercher à remplir ses pensées de choses spirituelles, s'efforçant de mettre complètement ses affections sur les choses d'en haut, et tenir les choses sur terre d'une main très lâche. Cette personne ne va pas négliger les choses de cette vie présente, mais la première place dans ses pensées et dans son esprit va être donnée à la vie à venir. Cette personne va viser à vivre comme quelqu'un dont le trésor est au ciel, et de passer dans ce monde comme un étranger et un pèlerin voyageant vers sa maison. Avoir une communion avec Dieu en prière, dans la Bible, et dans l'assemblée de Son peuple, sont les choses qui seront le plaisir principal de cette personne sainte.
 
Vivre avec un paradoxe
 
Mais laissez-moi dire, et je crois que personne ne va mal me comprendre... Je ne dis pas pour un moment que la sainteté éloigne la présence du péché qui demeure en nous. Non, loin de là. C'est la plus grande misère d'une personne qui s'applique à la sainteté que le fait qu'elle porte en elle un "corps de cette mort" (Rom 7:24). ...Mais c'est l'excellence de quelqu'un qui cherche à ne pas être en paix avec le péché intérieur, comme les autres le sont. Il hait le péché, pleure sur lui et aspire à être délivré de sa compagnie.
 
Je ne dis pas que la sainteté vient à maturité et à la perfection en un seul coup, ou que ces grâces que j'ai touchées doivent être trouvées dans leur plein épanouissement et vigueur avant que vous puissiez considérer quelqu'un saint. Non, loin de là. La sanctification est toujours une œuvre progressive... Et au mieux, la sanctification est un travail imparfait. L'histoire des saints les plus notoires qui ont jamais vécu va contenir plusieurs "mais", "toutefois" et "malgré cela" avant d'atteindre la fin. L'or ne peut être présent sans scories, la lumière ne peut briller sans quelques nuages, jusqu'à ce que nous atteignions la Jérusalem céleste... Ceux que nous considérons des saints ont tous des imperfections et des défectuosités quand ces personnes sont pesées dans la balance du sanctuaire. Leurs vies sont une guerre continuelle avec le péché, le monde et le diable, et quelquefois vous verrez qu'ils ne vont pas surmonter, mais succomber. "La chair a des désirs contraires à ceux de l'Esprit, et l'Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez point ce que vous voudriez" (Gal 5:17).
 
Mais encore, pour tout cela, je suis certain que d'avoir un tel caractère timidement décrit précédemment, est le désir du cœur et la prière de tous les véritables chrétiens. Ils se dirigent vers là, même s'ils ne l'atteignent jamais. Ils peuvent ne pas l'atteindre, mais ils visent toujours à cet endroit. C'est pour cela qu'ils font des efforts et travaillent à devenir, si ce n'est pas ce qu'ils sont.
 
La véritable sainteté est une grande réalité. C'est quelque chose dans une personne qui peut être vu, connu, remarqué et senti par tous ceux qui vous entourent. C'est du sel : s'il existe, sa saveur va être perçue. C'est un onguent précieux : s'il existe, sa présence ne peut être cachée.
 
Nous avons besoin de confesser nos échecs. Je sais qu'une route peut conduire d'un point à un autre, et toutefois comporter des méandres et des tournants ; et une personne peut être vraiment sainte, et toutefois être mise de côté par plusieurs choses. L'or n'est pas moins or s'il est mélangé avec un alliage, ni la lumière moins lumière parce que faible et diminuée, ni la grâce moins grâce parce que jeune et faible. Mais après chaque confession, je ne peux pas voir comment une personne peut se penser "saint" tout en ne s'étant pas humilié et fâché de ce qu'elle a fait.
 
La nécessité de la sainteté pratique
 
Est-ce que la sainteté peut nous sauver ? Est-ce que la sainteté peut éloigner le péché, couvrir les iniquités, satisfaire pour les transgressions, et payer notre dette à Dieu ? Non, elle ne le peut pas. Dieu défend à quiconque de dire une telle chose. La sainteté ne peut faire aucune de ces choses... Nos œuvres les plus pures ne sont pas meilleures que vêtements souillés (És 64:6 - Nous sommes tous comme des impurs, et toute notre justice est comme un vêtement souillé ; nous sommes tous flétris comme une feuille, et nos crimes nous emportent comme le vent), lorsque mises devant la lumière de la loi sainte de Dieu... Avec toute notre sainteté, nous ne sommes encore pas meilleurs que les pécheurs. Alors, pourquoi la sainteté est aussi importante ? Pourquoi l'apôtre dit-il, que "sans elle personne ne verra le Seigneur" (Héb 12:14) ?
 
Pour une chose, nous devons être saints, parce que la voix de Dieu dans l'Écriture l'ordonne clairement. Jésus-Christ a dit, " si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux" (Matt 5:20) et "soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait" (Matt 5:48).
 
Nous devons aussi être saints parce que c'est une grande finalité et un grand but pour lequel Jésus-Christ est venu dans le monde. Paul a écrit aux Corinthiens, "il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux" (2 Cor 5:15).
 
Nous devons être saints parce que c'est la seule bonne évidence que nous avons une foi qui sauve dans notre Seigneur Jésus-Christ. L'épître de Jacques nous met en garde contre la foi morte (Jac 2:17 - Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même. Jac 2:26 - Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte.) Une foi qui ne va pas plus loin que la profession des lèvres, et qui n'a aucune influence sur le caractère de l'homme. La véritable foi qui sauve est une chose très différente. La foi véritable va toujours se démontrer elle-même par ses fruits, elle va purifier le cœur.
 
Nous devons être saints, parce que c'est la seule preuve que nous aimons le Seigneur Jésus-Christ avec sincérité. C'est un élément sur lequel Il a parlé de façon étendue. Dans le l'Évangile de Jean, Jésus-Christ a dit, "Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime ; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui" (Jean 15:21).
 
Nous devons être saints, parce que c'est la seule véritable évidence que nous sommes de vrais enfants de Dieu. Les enfants dans ce monde sont généralement comme leurs parents. Certains, sans doute, le sont davantage et d'autres moins ; mais c'est rarement toutefois que vous ne pouvez reconnaître une sorte de ressemblance familiale. Et c'est la même chose avec les enfants de Dieu. Jésus-Christ a dit, "Si vous étiez enfants d'Abraham, vous feriez les œuvres d'Abraham. Mais maintenant vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l'a point fait. Vous faites les œuvres de votre père. Ils lui dirent : Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ; nous avons un seul Père, Dieu. Jésus leur dit : Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens ; je ne suis pas venu de moi-même, mais c'est lui qui m'a envoyé." (Jean 8: 39-42) Nous devons montrer par nos vies la famille à laquelle nous appartenons. Nous devons laisser les hommes voir par nos bonnes conversations que nous sommes néanmoins les enfants de Dieu, ou que notre condition de fils n'est pas un nom vide.
 
Nous devons être saints, parce que c'est la façon la plus efficace de faire du bien aux autres. Nous ne pouvons vivre par nous-mêmes seulement dans ce monde. Nos vies vont toujours être en train de faire soit le bien ou le mal à ceux qui les regardent. Elles sont un sermon silencieux que tous peuvent lire. Il est triste, toutefois, quand nos vies sont un sermon pour la cause du diable, et non pour celle de Dieu. Je crois que beaucoup plus est fait pour le royaume de Jésus-Christ par la vie sainte des croyants que nous n'en sommes conscients. Il y a une réalité à propos d'une telle manière de vivre qui produit des sentiments dans les autres, et les oblige à réfléchir. Cela véhicule un poids et une influence en soi, que rien d'autre ne peut donner. Cela rend la religion belle, et pousse les autres à la considérer.
 
Finalement, nous devons être saints parce que notre confort présent en dépend beaucoup. On ne peut nous le rappeler trop souvent. Nous sommes malheureusement enclins à oublier qu'il y a une connexion étroite entre le péché et les regrets, la sainteté et la joie, la sanctification et la consolation. Dieu l'a tellement sagement ordonné que notre bien-être et notre conduite sont liées ensemble. Dieu a dans sa grâce fait que même dans ce monde, il soit dans notre intérêt personnel d'être saints.
 
John Charles Ryle 

jeudi 14 octobre 2010

TROP SPIRITUELS POUR AIMER? par Ilrevientbientot


Un jour, des enfants mourraient de faim dans une zone reculée d’Afrique, puis le jour d’après, une SDF décédait dans la rue dans la plus grande indifférence. Des jours hélas ordinaires, où la souffrance défile sur le podium de l’humanité, tandis que quelque part dans le public, des chrétiens observent, inertes.

Vous souvenez vous du bonheur ? Il était apparu dans le visage sale d’une orpheline de guerre, lorsqu’un homme vaincu par l’amour venait la délivrer du tourment de la misère, ou encore au sein d’une communauté opprimée et dévastée, lorsqu’un homme leur apportait des vivres et de la dignité.

Avons-nous été faits prisonniers des murs ? Comment l’ivresse du confort et de la satisfaction personnelle, ont envahi nos cœurs, au point que la détresse permanente ait un parfum d’habitude. Tout le monde veut prêcher, mais combien veulent aimer ? Combien veulent se dessaisir d’eux-mêmes pour enrichir les autres, d'un sourire, de compassion, de biens? Tout le monde veut avoir raison, c’est le coup d’état du Moi sur l’Eglise. A perte de vue, l’indifférence, le refroidissement, la dureté, la rudesse, l’insensibilité sur fond d‘idéologie religieuse. Des pasteurs nous passent la pommade, nous réhabilitent, quand même le monde qui devait être témoin de notre lumière et de notre saveur a été contraint de briller lui-même par sa générosité, d’aimer à notre place par sa dévotion.

Nous avons raison de mépriser les horreurs du catholicisme, autant doctrinales que pratiques, mais ce sont eux qui nourrissent les pauvres, recueillent les opprimés, renoncent pour beaucoup à leur confort et partent à la conquête du bonheur d’autrui. Peut-être le Seigneur leur fera -t-il la grâce, de le connaitre véritablement et d’être sauvés par la foi, mais nous qui sommes censés le connaitre, avons-nous été vaincus par l’individualisme et l’amour du monde ? Bien sûr qu’il y a des chrétiens mobilisés sur le terrain social, et merci Seigneur pour ces frères, mais on les compte. Il serait hâtif de prétexter le manque de ressources pour se justifier de notre tiédeur à l’ égard d’autrui. Tous ne peuvent pas donner dans des causes missionnaires, mais la charité est un style de vie, non pas un évènement ponctuel. La charité est aussi dans la douceur, dans l’humilité, dans la patience, dans la maitrise de soi, dans le pardon, dans l’amour, puisque ce sont les autres qui en bénéficient… Pourquoi avons-nous cessé de soupirer après ces choses comme nous soupirons après le reste ? Sommes-nous trop spirituels pour aimer ? 

Parmi les millions de chrétiens qui se lèvent chaque matin, combien ont un cœur tourné vers autrui, brûlant du désir d’aider quelqu’un, de soutenir celui-ci, d’exhorter celui-là dans l’effacement et la dévotion ? S’il fallait organiser un putsch au sein de l’évangile de prospérité, cela consisterait à récolter toutes ces richesses pour autrui, pour les frères, les pauvres, les opprimés. Ce serait de tourner l’attention vers le prochain. C’est utopique je sais, mais sachons que l’un des échecs de l’évangélisation se trouve aussi dans cette cupidité chrétienne immorale qui ne passe pas inaperçue aux yeux des inconvertis.

Les mondains de  presque toutes les religions s’accordent à dire que Jésus est Amour et qu’il a été un exemple. L’homme, même dans sa nature déchue peut reconnaitre ce qui est Bon et le nommer comme tel. Si nous devions sonder les incroyants et les laisser s’exprimer sur les chrétiens, il faudrait s’attendre à une hécatombe fortement justifiée. C’est une chose que le monde nous rejette à cause du témoignage authentique de Christ, c’en est une autre d’être recrachés de la bouche d’un monde inique qui ne voit en nous aucun modèle ni aucune étincelle ! Qu’en sera-t-il lorsque nous comparaitrons devant le Dieu Saint ? 

Avouons-le, la plupart du temps, lorsque nous rentrons dans une église, il n’est pas question du bien que l’on pourrait faire à autrui, ni de mettre au centre les frères indigents pour leur apporter du soutien, ni même de mourir à nous-mêmes au détriment d’une vie dédiée aux autres. Nos cœurs ne semblent plus vibrer pour cet aspect humble et dépouillé du christianisme; le christianisme de la compassion, du renoncement et de l’amour.

 En observant les dix commandements que Dieu a donnés à Moise, nous remarquons que sur les dix, il y en a sept qui constituent un ensemble de règles devant garantir la paix d’autrui. Lorsque Jésus résumait la loi dans le Nouveau Testament, l’accent fût encore mis sur l’amour que nous devons porter aux hommes. C’est cet aspect du christianisme qui tend aujourd’hui à disparaitre pour laisser la place à des doctrines qui destituent autrui et qui valorisent le Moi.

Actes 20.35

 Je vous ai montré de toutes manières que c'est en travaillant ainsi qu'il faut soutenir les faibles, et se rappeler les paroles du Seigneur, qui a dit lui-même: Il y a plus de bonheur à donner qu'à recevoir.

Trop de chrétiens s’attendent à recevoir. De Dieu, ils attendent la bénédiction, des hommes, ils attendent la considération. Si nous devions encore une fois réaliser un sondage afin de connaitre le nombre de chrétiens qui se réunissent dans les assemblées pour donner, que ce soit de l’amour, de l’attention, du soutien ou de l’argent aux frères, quels résultats devrions-nous craindre!

 Nous voulons restaurer l’aspect miraculeux de la Bible à coup de pentecôtisme et de charismatisme, nous sommes assoiffés de ces grands signes et prodiges, et ne regardons plus suffisamment aux dons cachés dans un tempérament doux qui restaure l’âme, les miracles d’un cœur qui pardonne, le signe de l’humilité, si spectaculaires. Ce qui ne peut pas être contrefait par Satan, c’est pourtant bien cela, l’amour d’1 Corinthiens 13 qui est patient, plein de bonté, n'est pas envieux, ne cherche pas à se faire valoir, ne s'enfle pas d'orgueil, ne fait rien d'inconvenant, ne cherche pas son propre intérêt, ne s'aigrit pas contre les autres, ne trame pas le mal, que l'injustice attriste, que la vérité réjouit, qui pardonne en toute occasion, fait confiance, espère, persévère, et qui n’aura pas de fin.

L’amour est tellement central que même les ennemis doivent en être entourés et 1 pierre 4.8  nous dit : « Mais surtout, ayez entre vous un fervent amour: car l’amour couvrira une multitude de péchés. »

  Vous remarquerez que bien que Benny Hinn prétende faire des miracles et bien que certains chrétiens disent avoir réellement expérimenté quelque chose de miraculeux durant ses croisades, le monde ne se tourne pas vers Christ pour autant. Le péché ne recule pas, l’amour ne grandit pas. On entend de la musique retentir et l’on voit l’agitation gagner les stades tandis qu’ensuite, tout s’éteint, l’émotion disparait et le monde demeure intacte. Comment influencer le monde durablement ? En étant comme Jésus, dans nos caractères, dans nos mœurs, dans nos pensées. L’accent a cessé d’être mis sur ces choses, et ce serait pourtant une manière puissante de témoigner de Christ à un monde égoïste et individualiste.

 Au lieu de nous dire : « Allez et dominez le monde, vous êtes des princes, vous devez vous enrichir et dominer le monde » les prédicateurs devraient dire : « Vous êtes sur la terre avec un but, refléter Christ, prêcher Christ tout en étant comme lui, et à votre amour, le monde saura que vous êtes ses disciples et entendra le message du salut. » Au lieu de dire : « Habillez vous en gangster et rappez comme eux » ils devraient dire «  Montrez leur l’exemple biblique, montrez leur qu’il y a autre chose, de pur, de saint, ne vous laissez pas envahir par leur culture mais mettez en avant la vôtre.» 

Si seulement le monde pouvait voir se distinguer un groupe de croyants pieux, aux mœurs irréprochables, désintéressés des biens de ce monde, si les femmes «  libérées » de cette génération pouvaient voir apparaitre ces épouses pieuses, chastes et soumises, tout cela constituerait une évangélisation puissante. Ils verraient Christ en nous, ce serait merveilleux, miraculeux, nous serions la lumière du monde. 

Je me souviens d’un jour où j’ai dû attendre un long moment à la poste afin d’être servie, et une fois au guichet, la dame m’expliqua que je m’étais trompée de ticket et que je devais recommencer à zéro. Les français sont connus pour se plaindre, c’est culturel, et je détenais un moyen clair de manifester les mœurs des citoyens des cieux, la maitrise de Soi, la patience et la douceur. Au lieu de cela je déchirais le ticket en deux, murmurait entre les dents, pour ensuite sortir de la salle en maugréant. Quelle piteuse démonstration des fruits de l’Esprit ! Tant de fois nous manquons l’occasion de propager les mœurs de Christ autour de nous. Vous me direz : « c’est dur ! », je vous répondrai que vous avez tout à fait raison et que c’est la raison pour laquelle la Bible nous dit de prier sans cesse sans se relâcher. 

Ephésiens 4 1-3

 Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d'une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité, vous efforçant de conserver l'unité de l'esprit par le lien de la paix

Tant de fois nous avons prié ainsi : « Seigneur, ta parole dit que si nous demandons nous recevrons, et bien bénis moi Seigneur avec un emploi, une maison… » Bien peu de fois avons-nous dit : « Seigneur, ta parole dit, que si nous demandons nous recevrons, donne- moi  ton caractère

Dans l’évangile de prospérité où pour être béni il suffit de semer, indépendamment de la volonté du Seigneur, combien ont déjà semé pour ressembler à Christ et être pieux ? Bien que cette démarche soit erronée, il serait intéressant de savoir si un chrétien a déjà semé pour avoir les fruits de l’Esprit. Il aurait été dans l’erreur mais au moins, aurait aspiré à des choses louables et éternelles.

Si les chrétiens doivent infiltrer la société pour attirer son attention sur Christ, ce n’est pas en se présentant à la présidence, ou en adoptant leur style de musique mais plutôt en manifestant le caractère de Christ dans la vie de tous les jours, en ajoutant à cela l’évangélisation traditionnelle. 

Supposez qu’un matin, dans le métro, vous voyiez un SDF se faire renverser par une foule de travailleurs exténués par leur mendicité incessante. Supposez que tandis que le SDF git au sol dans l’indifférence générale, vous braviez la honte et sortiez de la bulle confortable qu’est l’indifférence pour lui tendre la main et le relever. Ce serait là une sorte d’évangélisation car les consciences des autres seraient jugées et vous témoigneriez de l’amour pour autrui, enseigné par notre Seigneur. Je pourrai multiplier les exemples, mais tout cela a pour but de nous sensibiliser. Il n’y a rien de mal à débattre de choses bibliques, à être actif pour le royaume, mais si je n'ai pas l’amour, je ne suis rien. 1 cor 13.2
Peut-être devrions nous remettre l’amour à la première place dans tout ce que nous entreprenons et alors verrons nous réellement Christ être glorifié au milieu de nous, simplement par nos mœurs, par la mise en pratique de l’amour biblique, tel ce chandelier éclairant un monde certes déchu mais encore assez lucide pour distinguer ce qui brille de ce qui a cessé de le faire.